Il y a une blessure que beaucoup de femmes portent en silence.
C'est la blessure d'avoir montré ce qu'on avait de plus vivant en soi : sa ferveur, sa foi, son élan mystique, sa façon intense et singulière de chercher Dieu et de s'être entendu répondre, d'une façon ou d'une autre : tu exagères. Tu te prends pour qui. Tu es trop.
C'est la blessure du rejet spirituel.
Marguerite-Marie Alacoque la connaissait mieux que personne.
Une femme d'une sensibilité extrême dans un monde qui la rejetait
Marguerite-Marie Alacoque naît en 1647 en Bourgogne.
Elle vit une enfance difficile, souvent malade, avec une foi très précoce, une sensibilité extrême que son entourage ne sait pas recevoir.
Elle entre chez les Visitandines de Paray-le-Monial en 1671, à vingt-trois ans, avec le désir sincère de consacrer sa vie à Dieu.
Ce qu'elle ne sait pas encore, c'est que le chemin qui l'attend ne ressemblera pas à ce qu'elle imaginait.
Entre 1673 et 1675, elle reçoit les grandes apparitions du Sacré-Cœur de Jésus.
Lors de la première, le Christ lui montre son cœur dans un trône de flammes, entouré d'une couronne d'épines, rayonnant d'un amour que les hommes refusent de recevoir. Il lui confie une mission : faire connaître cet amour au monde.
Une mission extraordinaire, confiée à une femme ordinaire, dans un monastère qui va tout faire pour l'éteindre.

Au cœur même du monastère : les moqueries, l'humiliation, le rejet
Ce qui se passe ensuite dans la vie de Marguerite-Marie est d'une modernité troublante.
Ses sœurs ne la croient pas. Elles la traitent de folle, de prétentieuse, d'illuminée.
Comment ose-t-elle prétendre recevoir des visions du Christ ?
Qui se croit-elle pour parler avec cette certitude de ces apparitions ?
Son premier directeur spirituel la soumet à des années d'épreuves humiliantes, destinées à tester ou à décourager la réalité de ses expériences. L'autorité ecclésiastique l'ignore. Elle est mise à l'écart, surveillée, réduite au silence.
Imaginez un instant ce que cela représente.
Vous vivez quelque chose de réel, de bouleversant, une rencontre avec le Christ dans votre chair et dans votre âme, mais les personnes qui devraient vous accueillir et vous croire vous regardent avec méfiance, mépris, ou indifférence.
Votre feu dérange.
Votre certitude gêne.
Votre sensibilité extrême est lue comme de l'hystérie ou de l'orgueil.
On vous demande de vous taire, de vous modérer, de rentrer dans le rang.
Vous reconnaissez quelque chose dans ces lignes ?
La spiritualité incomprise par votre entourage, parfois même par des religieux, des prêtres, des communautés chrétiennes qui n'ont pas de place pour votre façon d'être croyante.
Le sentiment d'être trop et pas à votre place.
L'élan mystique qu'on vous demande d'éteindre pour ne pas déranger.
La blessure sourde de ne trouver sa place ni dans le monde ni dans l'Église.
Cette blessure-là, Marguerite-Marie l'a portée pendant des années, dans son corps, dans sa prière, dans son silence forcé.
Ce que le Sacré-Cœur de Jésus lui a répondu : "tu es ma disciple bien-aimée".
Dans sa relation intime avec le Cœur de Jésus, Marguerite-Marie a reçu ce que ses sœurs et ses supérieurs lui refusaient.
Elle a été vue. Elle a été reconnue. Elle a été appelée par son nom par Jésus-Christ.
" Tu es ma disciple bien-aimée."
Sa blessure du rejet, posée dans le Cœur de Jésus, est devenue une guérison. L'endroit même où elle avait été blessée est devenu l'endroit où elle a été relevée.
Ce que ses contemporains ont tenté d'éteindre était précisément ce que Dieu voulait qu'elle porte.
Sa vision rejetée a depuis embrasé le monde entier. Le Sacré-Coeur de Jésus est devenu un culte catholique mondial.
Des millions de femmes et d'hommes prient devant le Sacré-Cœur depuis trois cent cinquante ans. La plus humble, la plus moquée, la plus incomprise des religieuses de son monastère est devenue l'une des saintes les plus aimées de l'Église.
Elle est canonisée en 1920.
Votre blessure du rejet peut devenir votre guérison
Je vous raconte l'histoire de Marguerite-Marie parce qu'elle est peut-être la vôtre aussi.
Elle peut faire écho dans votre histoire si vous êtes une femme dont la spiritualité déborde les cases qu'on lui a assignées, dont le feu intérieur dérange, dont la foi singulière et intense n'a pas trouvé de communauté pour la recevoir entièrement.
La blessure du rejet spirituel est l'une des blessures les plus répandues parmi les femmes chrétiennes que je rencontre.
On nous a appris à étouffer notre feu pour ne pas déranger.
On nous a dit, d'une façon ou d'une autre, que notre façon d'être croyante était trop, pas assez, ou simplement incompréhensible.
Vous n'imaginez pas combien ces phrases malignes peuvent tuer le vivant en vous, et même votre foi.
Dans mon livre Sacré-Cœur de Jésus, Marguerite-Marie est une des neuf saintes mystiques qui vous accompagnent pendant neuf jours pour confier vos blessures de femme au Cœur de Jésus, ce Cœur qui a dit à la plus incomprise d'entre elles : tu es ma disciple bien-aimée.
Avec elle, vous marcherez aux côtés de Lutgarde d’Aywiers, Gertrude d’Helfta, Mechtilde de Magdebourg, Catherine de Sienne, Marguerite-Marie Alacoque, Marie de l’Incarnation, Faustine Kowalska, Thérèse de Lisieux et Mère Teresa.
La neuvaine ne vous promet pas d'aller mieux en neuf jours.
Elle vous invite à confier votre blessure du rejet, votre sentiment d'être trop et pas à votre place, votre ferveur que personne n'a su recevoir dans les mains d'un Cœur qui vous appelle, comme il a appelé Marguerite-Marie, par votre nom.
→ Découvrir le livre "Neuvaine de guérison intérieure : 9 jours pour confier vos blessures de femmes au Sacré-Coeur de Jésus"

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